Requin-baleine nageant près de bateaux à balancier à Oslob aux Philippines
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Requins-baleines à Oslob : est-ce éthique et faut-il vraiment y aller ?

Sommaire de l'article

Vous avez vu les photos : un requin-baleine géant qui glisse à quelques mètres de nageurs en snorkeling, au large du petit village d’Oslob sur l’île de Cebu. Puis vous avez lu les avis contradictoires — certains voyageurs décrivent une expérience inoubliable, d’autres un “zoo marin” à éviter absolument. La question mérite d’être posée clairement avant de réserver : que se passe-t-il réellement à Oslob, pourquoi cette activité divise-t-elle autant, et existe-t-il des alternatives si vous préférez éviter le nourrissage artificiel ?

Ce qui se passe concrètement à Oslob chaque matin

Ce qui se passe concrètement à Oslob chaque matin
Photo : Mike L / Unsplash

Depuis 2011, des pêcheurs du village d’Oslob nourrissent quotidiennement des requins-baleines avec de petites quantités de crevettes (uyap), directement depuis des bateaux à balancier (bangka), avant le lever du jour. Attirés par cette nourriture régulière, plusieurs individus sont devenus quasi permanents dans la zone, ce qui garantit aux touristes de voir l’animal presque toute l’année — un cas unique au monde, puisque partout ailleurs l’observation de requins-baleines dépend d’une saison et de migrations imprévisibles.

Le résultat : Oslob est devenu en une décennie l’une des activités les plus recherchées des Philippines, générant des revenus considérables pour un village de pêcheurs auparavant très pauvre. Mais ce succès repose entièrement sur une modification du comportement naturel de l’animal, ce qui est au cœur de la controverse.

Pourquoi les biologistes marins critiquent cette pratique

Plusieurs points reviennent systématiquement dans les études et rapports publiés sur Oslob :

  • Dépendance alimentaire : les requins-baleines nourris artificiellement passent moins de temps à chasser le plancton en pleine mer, leur comportement naturel, et certains individus restent sédentaires dans la zone au lieu de migrer.
  • Stress et densité : les matinées les plus fréquentées voient parfois plusieurs dizaines de bateaux et une centaine de nageurs autour d’un nombre limité d’animaux, dans un espace restreint.
  • Risque de blessures : bien que le contact soit officiellement interdit, des cas de requins heurtés par des hélices de bateaux ou touchés par des nageurs indisciplinés ont été documentés au fil des années.
  • Modification des cycles naturels : des chercheurs s’interrogent sur l’impact à long terme du nourrissage sur les habitudes migratoires de l’espèce, encore mal comprises à l’échelle de la population régionale.

À l’inverse, les défenseurs de l’activité soulignent qu’elle a considérablement réduit la pêche du requin-baleine dans la zone (l’espèce était auparavant chassée pour sa viande et ses ailerons) et qu’elle finance aujourd’hui la conservation locale et les moyens de subsistance du village.

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Masque et tuba de qualité

Un équipement bien ajusté évite de paniquer face à un animal de cette taille et améliore nettement l’expérience.

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Les règles officielles imposées sur place

Le BFAR (Bureau of Fisheries and Aquatic Resources), l’autorité philippine des pêches, encadre l’activité avec un règlement affiché avant l’embarquement :

  1. Interdiction formelle de toucher, poursuivre ou bloquer le passage d’un requin-baleine.
  2. Distance minimale de 4 mètres à respecter en toutes circonstances.
  3. Interdiction d’utiliser un flash photo, susceptible de perturber l’animal.
  4. La plongée bouteille certifiée est autorisée moyennant supplément, réservée aux plongeurs disposant d’une certification valide, encadrée par les écoles de plongée locales.
  5. Nombre de bateaux limité par créneau, avec rotation des groupes toutes les 30 minutes environ.

Dans la pratique, ces règles sont inégalement respectées selon l’affluence du jour, en particulier lors des pics touristiques de haute saison (décembre à avril) où la coordination entre bateaux devient plus difficile.

Faut-il y aller ? Trois façons d’aborder la question

Il n’existe pas de réponse universelle, mais trois approches permettent de trancher selon vos priorités :

Si vous privilégiez la certitude de voir l’animal : Oslob reste le seul endroit au monde où l’observation est garantie à plus de 95% toute l’année, ce qui en fait une option réaliste pour un voyage court ou une famille avec des enfants qui ne peuvent pas se permettre d’attendre une saison migratoire.

Si vous privilégiez une rencontre proche du comportement sauvage : privilégiez Donsol (Luzon) ou Pintuyan (île de Panaon, Southern Leyte), où les requins-baleines viennent naturellement se nourrir de plancton en saison, sans intervention humaine directe. L’observation y est saisonnière et non garantie, mais l’expérience est jugée plus respectueuse par la majorité des ONG marines.

Si vous hésitez encore : privilégier un départ très matinal (avant 7h) à Oslob réduit nettement la densité de bateaux et de nageurs, et donc le stress infligé aux animaux comparé à une sortie de milieu de matinée en haute saison.

Comment organiser la visite si vous décidez d’y aller

Oslob se trouve à environ 3h30 à 4h de route au sud de Cebu City, accessible en bus public (Ceres Bus depuis le South Bus Terminal) ou en van privé, plus rapide mais plus coûteux. L’activité démarre au lever du jour et se termine généralement vers midi, une fois que les requins-baleines ont quitté la zone après le nourrissage. Comptez environ 1000 pesos (environ 16€) pour la nage en surface avec masque et tuba, avec un supplément pour la plongée bouteille certifiée.

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Excursion Oslob + Kawasan Falls

Combinez la matinée à Oslob avec les cascades de Kawasan l’après-midi, à 1h de route seulement.

Voir les excursions

La plupart des voyageurs combinent la matinée à Oslob avec les cascades de Kawasan, à environ 1h de route, pour une excursion à la journée depuis Cebu City. D’autres enchaînent avec l’île de Sumilon pour le snorkeling ou avec Moalboal, réputée pour son banc de sardines, sans repasser par Oslob le même jour.

Ce qu’en disent les voyageurs sur place

Les retours d’expérience varient fortement selon l’heure de la visite. Les créneaux de 6h à 7h sont généralement décrits comme calmes, avec peu de bateaux et une eau encore claire. À partir de 9h-10h en haute saison, l’affluence augmente nettement, avec parfois une dizaine de bateaux regroupés dans un espace restreint — une situation que beaucoup jugent effectivement plus proche d’un “spectacle organisé” que d’une observation naturelle. Réserver le créneau le plus tôt possible, généralement autour de 5h30-6h à l’embarquement, reste le meilleur compromis pour ceux qui choisissent malgré tout de s’y rendre.

En résumé

Oslob garantit une rencontre quasi certaine avec des requins-baleines, mais au prix d’un nourrissage artificiel qui modifie leur comportement naturel et suscite une controverse légitime chez les biologistes marins. Si l’éthique de la pratique vous pose problème, Donsol et Pintuyan offrent une alternative plus respectueuse, quoique moins prévisible. Si vous décidez malgré tout d’y aller, un départ matinal avant 7h reste la façon la plus responsable de limiter votre impact. Pour organiser le reste de votre passage sur l’île, consultez notre guide pour visiter Cebu, notre article sur la plongée aux Philippines et nos conseils pour l’island hopping.

Questions fréquentes

Pourquoi la nage avec les requins-baleines à Oslob est-elle controversée ?

Parce que les requins-baleines y sont nourris artificiellement par des pêcheurs locaux chaque matin, ce qui les rend sédentaires et modifie profondément leur comportement naturel. Les biologistes marins pointent une dépendance à cette nourriture, une perturbation possible des cycles migratoires et un stress lié à la densité de bateaux et de nageurs autour des animaux, parfois plusieurs dizaines en même temps sur une petite zone.

Le nourrissage des requins-baleines est-il interdit par la loi philippine ?

Non. Le BFAR (Bureau of Fisheries and Aquatic Resources) encadre l'activité avec des règles officielles (distance minimale, nombre de bateaux, interdiction de toucher les animaux) mais n'interdit pas le nourrissage lui-même, qui reste la principale source de revenus de la communauté de pêcheurs d'Oslob depuis 2011. Les règles existent surtout pour limiter les abus, pas pour remettre en cause le modèle économique.

Existe-t-il des alternatives éthiques pour voir des requins-baleines aux Philippines ?

Oui, deux sites sont considérés comme plus respectueux du comportement naturel de l'animal : Donsol, dans la province de Sorsogon (Luzon), et Pintuyan, sur l'île de Panaon (province de Southern Leyte), où les requins-baleines viennent se nourrir naturellement de plancton en saison, sans nourrissage artificiel par l'homme. Ces sites sont saisonniers et moins accessibles, mais offrent une rencontre jugée plus proche du comportement sauvage.

Quel est le prix et à quelle heure faut-il arriver à Oslob ?

Comptez environ 1000 pesos (environ 16€) pour un touriste étranger pour la nage en surface avec masque et tuba, et un supplément pour la plongée bouteille. L'activité démarre dès 6h du matin et se termine vers midi : arriver tôt (avant 7h) réduit fortement l'affluence de bateaux et de nageurs autour des requins.

Peut-on combiner Oslob avec d'autres visites depuis Cebu City ?

Oui, Oslob se trouve à environ 3h30 à 4h de route au sud de Cebu City et se combine facilement avec les cascades de Kawasan Falls, à 1h de route, pour une excursion à la journée. Beaucoup de voyageurs enchaînent aussi avec l'île de Sumilon ou Moalboal pour le snorkeling avec les sardines, sans repasser par Oslob le même jour.